On y était, ce jour de grande désespérance, tant redouté, était bien là, sinistre, sépulcral, glaçant les âmes, le ventre et les escarcelles, la grande disette, la famine, l’indigence avait pris corps...

Bubus ne pouvait plus remplir le réservoir de sa Lamborghini wiwilandaise.

Morte de faim, mais pourtant bien en chair, Isa, en était arrivée à manger ses précieuses bretelles à auner les âneries qu’elle dégustait lentement, délicatement, comme des bonbons de menthe douce.

NQD, assis sur une vieille escabelle bancale, une bible défraîchie et pisseuse posée sur ses genoux, s’était reconverti en écrivain public, mais plus personne n’avait l’envie d’écrire, de toute manières il n’y avait plus de papier .

Rojhann caché derrière un pilier, surveillait la prochaine somnolence de NDQ, propice au chapardage de sa bible, matière première essentielle et ô combien rare, nécessaire à la publication de sa gazette, que d’ailleurs personne n’avait plus les moyens de s’acheter.

Korfandar, producteur, scénariste, dialoguiste, acteur, et technicien de surface graphitées, affirmait partout, à qui voulait l’entendre, que son œuvre était pratiquement terminée, encore quelques tours de manivelle Dwemer, et les caisses de l’empire se rempliraient à nouveau, les royalties tomberaient comme braillards à Vivec, mais, personne n’espérait plus, à chaque fin il en trouvait une autre bien meilleure, et la date de sortie de cette immense production, de ce péplum, reculait, reculait, reculait…

Mosc, avait vendu un de ses yeux au cyclope du coin, qui lui, avait perdu le sien, on survivait comme l’on pouvait.

Elendell debout sur une planche posée sur deux barriques, près d’une affiche annonçant son spectacle, vêtu de son costume d’arlequin rapiécé, tentait bien d’égayer le public par quelques facéties et bouffonneries de son cru, mais le cœur n’y était pas, l’argent non plus d’ailleurs, le chapeau, d’ordinaire récipiendaire des maigres oboles des spectateurs, restait désespérément vide.

Finrail boudait, mais là rien, d’anormal, d’une bouderie endormie, qui dort dîne disait-on.

Thalivor Naïlo, chantre de la grammaire et de la belle écriture avait porté en gage ses dernières fautes d’orthographe.

Cogite Sitbon, faisait des réserves, il stockait et stockait encore, par peur de manquer, dans les caves profondes, les malheureux effrontés, se disant qu’en les conservant dans ses lieux humides et frais, l’affinage n’en serait que meilleur, et que la moisissure qui s’y propagerait, donnerait un fumet particulièrement goûteux aux restes des malheureux, et bien qu'il eut obtenu tous les suffrages du plus sage, il n’en n’était pas moins un glouton nécrophage.

Elenwel, pomme il était, pomme il resterait, charitable et généreux il laissait de temps à autre quelques vers venir lui chatouiller ses pépins, ne se régalant habituellement que de ceux des camemberts bien vieux, mais sa fringale était telle qu’il fallait bien si résigner, de ces minuscule chevaux de Troie, il en ferait son repas.

Guiguizmo était le mieux loti, il suintait de partout, ce suc à l’odeur et au goût plus qu’infâme, qui dégoulinait tout le long de son corps en une grasse et visqueuse hydrorrhée , devenait pour lui-même et lui seul, un nectar de survie.

Marmotte Milka la peur au ventre, cherchait une mystérieuse porte pour quitter cette misère, il la trouva, mais arrivé devant celle-ci, sa faim n’en fut que plus atroce, elle vantait les mérites de délices asiatiques, mais la cité lui était interdite.

Andùril aussi cherchait à s’échapper de cette calamité, mais lui avait crû voir des failles spatio-temporelle dans le continuum espace temps, une déformation temporelle due à la masse exponentielle de la cave, il parcourait sans relâche la région cherchant les trappes d’égouts, dont l’une d’elle, il en était certain, aurait forme de corne d’abondance.

Nofeelin, d’ordinaire très vache, était très avachie…

Angora, malgré sa grande faiblesse, sautillait de partout de peur qu’on ne l’attrape, ses cuisses, réputées, comme étant un met délicieux.

Vor : bien esseulé, pleurnichait dans son coin, faisait de l’anowirexie, maladie des plus gravissime, provoquée par un taux de bug dans l’esm bien supérieure à la normale.

Jézus : était le seul qui se posait la question, la vrai question, où était passé le Chef, on ne l’avait point vue depuis sept mois, où était passé ?, était-il la cause de cette grande dépression ?

Sent : effectivement, il avait disparu et les caisses étaient vides, on commençait à jaser, mais ce n’était pas son genre, quoique !, et puis quitte à tout prendre, il serait parti avec la Lamborghini de Bubus, les cuisses d’angora, les bretelles d’Isa, la bible de NQD, les gages de thalivor, l’œil de Mosc, l’affiche d’Elendell, le musc de Guiguizmo, l’anowirexie de vor, le portail de marmotte, etc, etc, etc..

Un message arriva, sa Majesté errait au large, perdu dans la grande toile.

Notre grand Timonier, victime d’un aigrefin s’était fait volé son navigateur, faut dire qu’il l’avait bien cherché, un habile vendeur, lui avait bazardé un superbe galion à l’étrange nom de Linux, en vérité, il s’était fait bel et bien refilé une galère….

tout espoir était donc bien perdu……

Par jean-louis.